Reconnaissance du « burnout » : prévenir, dépister, guérir

Reconnaissance du « burnout » : prévenir, dépister, guérir

Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais  saluer la qualité du travail de nos collègues M. Sebaoun et Yves Censi et leur engagement à traiter cette question complexe : depuis juin 2016, la mission d’information a ainsi consacré plus de 54 heures à l’organisation de 37 auditions publiques.

Le sujet de l’épuisement professionnel a régulièrement été évoqué par notre Assemblée et le mérite premier de cette mission d’information est d’offrir un état des lieux dense de la situation et de préconiser plusieurs mesures pour améliorer la santé au travail.

Le mal-être au travail est un vrai enjeu qui mérite mieux qu’une réponse improvisée et simpliste qui risquerait d’affaiblir la reconnaissance de la valeur travail.

S’il est très difficile d’évaluer avec précision le nombre de personnes concernées par un épuisement professionnel, on constate que de plus en plus de salariés sont la proie du burn out, synonyme d’angoisse permanente causée par l’accumulation du stress.

Aussi, l’épuisement professionnel doit être appréhendé par notre assemblée pour plusieurs raisons :

D’abord, parce que l’actualité fait régulièrement état des désastres humains causés par le burn out, que ce soit en entreprise, chez les agriculteurs ou dans le milieu médical et la représentation nationale ne peut rester passive face à ces appels à l’aide.

Ensuite, parce que ce syndrome engendre une dépense pour l’assurance maladie puisque le traitement de la souffrance psychique au travail est pris en charge au titre de l’assurance maladie comme toute autre pathologie psychique. Et, à ce titre, je rappelle que l’Assurance maladie a assoupli la procédure de reconnaissance depuis 2012 afin de mieux prendre en charge ces risques.

Enfin, parce que le burn out entraine également un coût pour l’entreprise même si celui-ci est plus diffus : perte de savoir-faire, désorganisations successives, remplacements difficiles à organiser selon les compétences spécifiques, pression à l’augmentation des cotisations sociales, pertes en termes d’image et d’attractivité.

Le chemin vers la reconnaissance du burn out est encore long et sera certainement l’objet de débats dans les prochains mois et dans la prochaine législature. En attendant, les propositions que vous formulez en faveur de l’accueil et de la prise en charge des personnes en souffrance dans leur activité professionnelle nous semblent aller dans le bon sens.

J’ajouterais simplement, que comme l’a rappelé mon collègue Francis Vercamer, ce rapport donne au Code du travail une place centrale dans les outils permettant des réponse. Les agents de la fonction publique n’étant pas concernés par le droit du travail, il faudra faire attention à ne pas créer un système à deux vitesses.

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