La prématurité : une problématique de taille pour l’avenir

La prématurité : une problématique de taille pour l’avenir

Au terme d’un travail qui aura duré… le temps d’une grossesse, le Groupe d’Études sur la Prématurité, créé par ma collègue Isabelle Le Callennec et dont je suis Vice-président, présente aujourd’hui son rapport.

Dans le monde, les 15 millions d’enfants nés prématurément représentent 11% des naissances vivantes.

En France et dans de nombreux pays développés, le taux de naissances prématurées est en hausse ces dernières années. La prématurité est passée de 5,9% des naissances en 1995 à 7,4% en 2010. Entre 50 000 et 60 000 enfants naissent prématurément chaque année.

Il était donc temps que le législateur se penche sur cette problématique.

Une première difficulté : La définition de la prématurité.

Les critères définitionnels de l’OMS sont les suivants :

  • la prématurité extrême (<28 semaines) ;
  • la grande prématurité (entre la 28e et la 32e semaine) ;
  • la prématurité modérée, voire tardive (entre la 32e et la 37e semaine).

Cependant, le seul critère des semaines d’aménorrhée (nombre de semaines de gestation + 2) ne suffit pas, surtout pour définir la vulnérabilité. La définition devrait dès lors prendre en compte les effets postérieurs (survie avec morbidité sévère) mais aussi les dimensions de vulnérabilité propres au contexte familial (dépression maternelle, anxiété, fragilités socio-économiques).

La standardisation des définitions doit permettre une standardisation des pratiques, à l’échelle européenne notamment.

Un nécessaire état des lieux.

La prise en charge sanitaire de la famille et du nouveau-né s’organise selon trois temps.

  • Le pré-natal :
    • Cette phase correspond à la période de vigilance des les gynécologues obstétriciens. Ils cherchent à détecter les risques de prématurité grâce à des interrogatoires et la prise en compte des antécédents obstétricaux et grâce à des mesures échographiques par voie vaginale de la longueur du col.
  • Le néo-natal :
    • Cette phase recouvre des pratiques comme la réanimation néonatale pour les grands prématurés ou le passage par un incubateur.
  • La sortie de l’Hôpital :
    • Elle se fait uniquement lorsque l’enfant est devenu autonome du point de vue respiratoire et digestif. Actuellement on note une bonne continuité des soins grâce à des professionnels qui permet une meilleure connaissance des patients. Cependant, les fortes inégalités d’accès à ces services spécialisés et performants d’un territoire à l’autre pose un réel problème.

Plus que des pistes de réflexion, des propositions concrètes.

Prévention

  • renforcer la prévention par rapport aux facteurs de risque (tabac, alcool, conditions socio-économiques, stress, mais aussi obésité, diabète, âge) ;
  • instituer un entretien médical précoce obligatoire aussi informatif que possible sur les risques relatifs à la prématurité ;
  • Encourager et faciliter fortement l’allaitement ;

Soins

  • encourager les soins du développement et éviter toute séparation entre les parents et le nouveau-né, via notamment une meilleure organisation interne des hôpitaux ;
  • instaurer un ratio correct de médecin/patient dans les services de néonatologie ;
  • mettre à disposition une puéricultrice en renfort du médecin urgentiste lors du transfert des nouveau nés vers les maternités de type II ;
  • renforcer la formation des infirmières dans le domaine de la périnatalité et de la gestion de la prématurité ;
  • instituer le concept de HAD néonatale et favoriser son développement, en échange d’un accès privilégié des parents aux services de néonatalogie en cas de complications ;
  • généraliser les dossiers informatisés partagés pour limiter les saisies répétées et les risques d’erreur.

Suivi

  • s’assurer que les parents puissent disposer des meilleures informations possibles sur l’existence des réseaux de santé périnatale ;
  • encourager l’harmonisation des modalités de suivi et de soins entre les RSEV (réseaux de suivi des enfants vulnérables) ;
  • repérer les troubles de l’apprentissage le plus tôt possible, via les PMI et les pédiatres, notamment en milieu scolaire ;
  • optimiser les moyens des CAMSP pour faire face à leur notoriété au sein du monde médical et paramédical, et aux délais d’attente subséquents ;
  • établir un consensus de prise en charge de la rémunération des interventions en libéral des médecins, des psychomotriciens, des ergothérapeutes et des psychologues, afin de pallier les délais d’attente en CAMSP ;
  • lutter contre les différences d’un département à l’autre dans l’accès à l’AJPP (Allocation Journalière de Présence Parentale) ;

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